Comment c’est construit
Cette page entre dans le détail technique. Elle décrit la couche que nous développons entre un modèle d’intelligence artificielle et un dossier de projet : comment une planche est classée, lue, découpée, et comment ses cotes sont rattachées à ce qui est réellement dessiné.

Sur une planche, les cotes sont dessinées
Un dossier d’architecte n’est pas un document texte. Les cotes sont tracées le long des traits, les repères sont des chiffres encadrés posés près des ouvrages, l’état d’un ouvrage se lit dans une légende, et la hauteur sous plafond ne figure jamais en vue en plan — elle est en coupe.
Une extraction de texte classique ne récupère rien de tout cela. Et une planche entière donnée à un modèle de vision devient illisible : ces modèles ramènent toute image à un plafond de pixels, et une cote de deux millimètres sur un A3 y tombe autour de six pixels.
C’est ce qui explique pourquoi un modèle généraliste, même récent, produit sur un dossier de plans un texte plausible et faux. Le problème n’est pas le modèle : c’est ce qu’on lui donne à lire.
Six briques, calibrées sur des dossiers d’exécution réels
Classement page par page
Chaque page d’un PDF est classée avant d’être lue, sur deux signaux complémentaires : la densité graphique — beaucoup de vecteurs, peu de texte — et le profil de cotation, c’est-à-dire la part de nombres isolés parmi les mots. Une page de descriptif et une planche cotée ne suivent pas le même chemin de lecture, et le routage est déterministe : l’agent n’a jamais à choisir.
Index et graphe du dossier
Une fiche par page — nature, type de planche, échelle, numéro, état existant ou projeté — puis un graphe des renvois : un repère de coupe porté sur une vue en plan pointe vers la planche de coupe correspondante. C’est ce graphe qui permet d’aller chercher une hauteur là où elle se trouve réellement.
Lecture en tuiles
Une vue d’ensemble, puis des tuiles haute résolution à recouvrement, dimensionnées par surface de papier plutôt que par pixels. Une cote de deux millimètres repasse ainsi de six à une vingtaine de pixels après la réduction opérée par le modèle : elle redevient lisible.
Cotes ancrées
Les cotes écrites sont rattachées aux lignes de cote effectivement dessinées, les chaînes sont reconstituées, et la somme des cotes partielles est confrontée à la cote totale. Règle absolue : la cote écrite fait foi. C’est une clause contractuelle des dossiers français, portée au cartouche et reprise au CCTP — il est interdit de mesurer sur le plan. Une distance relevée sur le dessin n’est donc jamais convertie en dimension par l’échelle : la géométrie sert à apparier, additionner et contrôler, jamais à mesurer.
Référentiel du métier
Un référentiel commun des lots arbitre toute frontière : ce qui relève de la démolition, ce qui relève du gros œuvre, où s’arrête la charpente et où commence la couverture. Chaque compétence porte ses propres textes — Eurocodes pour le calcul, NF DTU pour l’exécution, NF C 15-100 pour l’électricité — et un verrou : le lot demandé est le seul produit.
Boucle de contrôle
Rien n’est rendu sur la seule foi de celui qui l’a produit. Chaque exécution passe par un agent de contrôle distinct, avec ses propres critères et une condition d’arrêt écrite. C’est la réponse directe au défaut le mieux documenté des modèles : ils ne savent pas prédire leurs propres erreurs, donc ils ne peuvent pas être leur propre relecteur.
Une même géométrie, trois grilles de lecture
Un dégagement ne se contrôle pas de la même façon selon la nature du bâtiment. Les trois régimes partagent l’unité de passage de 0,60 m, et divergent sur presque tout le reste. C’est exactement le genre de distinction qu’une vérification automatique doit porter, parce que c’est là que l’erreur se glisse.
- Établissement recevant du public
- Arrêté du 25 juin 1980. L’unité de passage vaut 0,60 m ; un dégagement d’une unité mesure au minimum 0,90 m, de deux unités 1,40 m (art. CO 36). La distance à parcourir depuis un point quelconque d’un local ne dépasse pas 50 m lorsque le choix existe entre plusieurs sorties, 30 m sinon (art. CO 43).
- Lieu de travail
- Code du travail, art. R4216-5 à R4216-12. Même unité de passage, mais des distances propres : 40 m au maximum pour gagner un escalier en étage ou en sous-sol, débouché à moins de 20 m d’une sortie, et aucun cul-de-sac de plus de 10 m (art. R4216-11).
- Bâtiment d’habitation
- Arrêté du 31 janvier 1986. Le classement en quatre familles dépend de la hauteur du plancher bas du logement le plus haut, du nombre d’étages et de la distance de la porte palière la plus éloignée à l’escalier (art. 3).
- Accessibilité
- Arrêté du 20 avril 2017 pour les ERP neufs. Quatre gabarits structurent tout plan accessible : l’aire de rotation de 1,50 m de diamètre, l’espace d’usage de 0,80 × 1,30 m, le palier de repos de 1,20 × 1,40 m, et l’espace de manœuvre de porte de 1,70 m en poussant ou 2,20 m en tirant (annexe 2).
Ces références sont citées parce qu’elles sont géométriques et donc réellement vérifiables sur une planche. Les Eurocodes, eux, se contrôlent sur une note de calcul : sur un plan, ils ne se lisent qu’indirectement — sections, portées, trames.
Ce que l’infrastructure s’interdit
Aucune couleur n’est interprétée seule
Il n’existe aucune convention graphique universelle. Un logiciel marque le démoli en jaune par défaut, un autre en rouge, et les cabinets personnalisent ce défaut. Les seules ancres admises sont les mots des légendes, l’état porté au cartouche et les annotations. Sans elles : « statut à confirmer », jamais une supposition.
Rien n’est affirmé sans preuve dans le dossier
Une démolition ferme repose toujours sur une pièce. Un ouvrage neuf projeté ne prouve pas qu’un ouvrage existant est à démolir. Un diagnostic amiante ou plomb n’est jamais déduit : il est cité, ou il est signalé comme manquant.
Aucune technologie n’est imposée depuis un plan seul
Un repère lu sur une planche — une zone de pompe à chaleur, une nourrice, un point lumineux — est un besoin technique, pas la preuve d’une solution. Les puissances, les sections et les calibres relèvent des études d’exécution, et le document le dit.
Chaque donnée cite d’où elle vient
Une hauteur relevée en coupe est produite avec le numéro de la coupe. Un ouvrage identifié est produit avec la planche dont il est tiré. C’est ce qui permet à la relecture de porter sur les points incertains plutôt que sur l’ensemble.

Nous utilisons ceux du marché, et nous en changeons
Les modèles d’intelligence artificielle que nous utilisons sont ceux du marché. Nous ne les fabriquons pas, et nous ne dépendons d’aucun en particulier : l’infrastructure est conçue pour en changer, parce que le meilleur modèle d’aujourd’hui n’est pas celui de l’an prochain.
Ce que nous développons, c’est tout ce qui les entoure : la lecture des documents et des plans, les référentiels du métier, les contrôles, la mémoire d’un projet, et le réglage sur la méthode d’un cabinet en particulier. C’est cette couche qui fait la différence entre un texte plausible et un document exploitable — et c’est elle qui s’améliore à chaque dossier.
Et vos données, dans tout ça
Deux architectures sont possibles : les modèles appelés chez un fournisseur conforme au RGPD, ou l’ensemble installé dans vos murs, en circuit fermé et sans limite d’usage. Nous expliquons les deux, y compris ce que nous ne contrôlons pas.